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Dove
Allouche
(F, né en 1972, vit à Paris)
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Dove Allouche, Mélanophila, 2003-2006 (expositon Les roses de Jéricho)
La
série Mélanophila est le fruit d'une somme de travail
considérable, à rebours de la tradition moderniste inaugurée
par le ready-made. Pourtant ces images relèvent du contemporain
en ce qu'elles sont des avatars qui jouent avec l'idée de la
représentation et de l'authenticité. La photographie est souvent
considérée comme le médium de l'authenticité et du témoignage,
entretenant un rapport étroit avec la réalité, voire la vérité.
Le statut documentaire de la photographie fait souvent l'objet
d'un consensus, depuis Roland Barthes et l'idée du "ça a été".
Le projet de Mélanophila déjoue les enjeux documentaire
et authentique de l'image photographique en opérant une subjectivation
: les photographies sont dessinées, à la main, par l'artiste.
Elles sont certes copiées à l'identique, mais perdant le lien
optique que le film entretenait avec le réel, elle gagne une
aura certaine provenant de l'artisanat laborieux du dessinateur.
Mélanophila, 2003-2006
tirages photographique au charbon, dimensions: 90 cm x 70 cm/ tirage
Ces images sont altérées également par le respect presque parodique dont l'artiste les entoure. Alors que la série des 9 photographies, prises au moteur dans un seul mouvement, s'avère être floue, leur reproduction au crayon, à la main, respecte tous les détails de ce flou accidentel, reproduisant volontairement et méticuleusement ce qui relevait jusque-là du contingent. Les dessins ainsi obtenus, sont l'objet d'une nouvelle représentation : à nouveau pris en photographie, ils sont tirés ensuite selon le procédé Fresson, dit "tirage au charbon."
Le réel inaugural, c'est-à-dire la photographie floue de la forêt calcinée, a été trituré, recopié, reproduit, a transité d'un support à un autre, en conservant sa forme visuelle, mais en assumant des natures multiples. Au final on représente une forêt carbonisée par un tirage au charbon : la boucle est bouclée, et le méticuleux processus de création de l'uvre se termine par un clin d'il.
Dans leur immédiateté les images qui composent la série des Mélanophila sont séduisantes et énigmatiques. La forêt calcinée qui constitue l'objet de la représentation est fantomatique. Le velouté de l'image est le produit du tirage au charbon. C'est aussi le tirage au charbon qui donne sa singularité au projet, puisqu'il vient en redoubler l'essence, d'une manière presque tautologique. La forêt calcinée est reproduite par sa matière même. L'élaboration des images vise à dénaturaliser une représentation contingente, qui par l'attention dont elle est l'objet en vient à trouver sa valeur. Ces images sont un raccourci entre le réel et sa représentation, elles se replient sur elles-mêmes enfermant un fait passé.
(Stéphane Delanoë)
expositions collectives (sélection depuis 2002)
2007 Les roses de Jéricho, curateur Claire Le Restif, attitudes, Genève / Musée d'Art Contemporain Sofia Imber, Caracas / La Galerie, Noisy-le-Sec, Paris / 2006 Estudios Abiertos, Palacio de Correos, Buenos Aires / Project Room, Galerie Yvon Lambert, Paris / Découvrir le monde, Frac Lorraine & Galerie Lillebonne, Nancy / 2005 Scape, Contemporary Art Center, Vilnius / 2004 WSV galerie store 52°31'52",13°22'55", Berlin / 2003 Embassy, Galerie F15, Moss / Pyrotechnies, curateur : P-A. Michaud, Auditorium du Louvre, Paris / 2002 Simulation, Abbaye Maubuisson, Saint-Ouen L'Aumône / Galerie Corentin Hamel, Paris / Korean Air France, Samzie Space gallery, Séoul / Korean Air France, Glassbox, Paris / Mental Shifts, UKS gallerii, Oslo / L'ami de mon ami, curateur B. Marcadé, S.A.N, Cergy-Pontoise
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