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the stockholm connection
elsewhere 4 ACC Galerie, Weimar Burgplatz 1+2, D-99423
Weimar partie Galerija
Škuc: somewhere else catalogue de la partie
"somewhere else disponible auprès de la galerie Skuc: drustvo.skuc@guest.arnes.si
Le titre générique
de cette exposition - the stockholm connection - se réfère à la rencontre
entre Gregor Podnar, de Skuc Galerija (Ljubljana), et Jean-Paul Felley
et Olivier Kaeser, d'attitudes (Genève), lors du First European Seminar
for Artist Run Spaces qui a eu lieu à Stockholm en mai 1999. Cette
rencontre a eu une suite concrète puisque la galerie ACC de Weimar a invité
Škuc et attitudes à concevoir une exposition dans son espace. Chaque organisme
a proposé un concept et une sélection d'artistes. Le projet de Škuc est
" de mettre l'accent sur des artistes de Slovénie, de Hongrie, de Bosnie
& Herzegovine, de Croatie et d'Allemagne. C'est un chemin entre des générations,
un parcours géopolitique et également un regard sur la ligne de la galerie
". Pour sa part, attitudes propose une nouvelle étape du projet "ailleurs",
initié en janvier 1999 et déjà développé à travers trois expositions.
Bien que radicalement différents, ces deux concepts ont donné naissance
à une exposition sans distinction entre les artistes des diverses provenances.
Raphaël Boccanfuso (1964, vit à Paris) explore, dans son travail, les mécanismes du monde de l'art. Il utilise très souvent sa voiture comme outil privilégié de ses interventions. Un de ses projets consistait à traiter sa voiture comme un colis, et à l'envoyer d'un point à un autre. Nous lui avons proposé un contexte, c'est-à-dire un expéditeur et un destinataire. Il a donc emballé sa voiture avec du scotch brun et du carton, tel un paquet postal, et, à la fois artiste et chauffeur, il a effectué le trajet entre Ljubljana et Genève, créant ainsi l'oeuvre lien de l'exposition stockholm connection. Ce travail intitulé "Nothing to declare / Rien à déclarer", existe en deux étapes. D'une part, sous la forme du parcours/performance, avec un départ organisé lors d'un vernissage à la galerie Škuc et une arrivée annoncée devant l'entrée d'attitudes à Genève. D'autre part, au travers de l'exposition de divers documents relatant cette action (photographies, vidéo, banderoles de départ et d'arrivée et habits du pilote comportant le sigle "Rien à déclarer" bien connu des douaniers et des frontaliers genevois, etc.).
Autour de l'idée du voyage, le public découvre aussi la série des "Voyages Apocalyptiques", un projet en cours sur lequel Christoph Draeger (1965, vit à New York) travaille depuis 1994. Il s'agit de photographies couleurs, prises dans différents lieux du globe, qui donnent à voir quelques beaux paysages, des immeubles de banlieues ou encore des gratte ciels célèbres. Ce qui réunit ces lieux, ce sont les catastrophes, naturelles ou accidentelles, qui les ont marqué un jour ou l'autre. L'accident ou le désastre sont rarement lisibles sur l'image, à moins que l'artiste ne se soit trouvé sur place peu de temps après un tremblement de terre (à Kobe au Japon), ou lors d'une commémoration (au stade Furiani à Bastia). Cependant, un titre rappelle la date et le lieu de la prise de vue. Des noms de villes qui, associés à un cours texte, résonnent dans la tête de chacun comme des espaces sombres d'une mémoire collective suralimentée par les médias.
Eric Hattan (1955, Paris/Bâle) propose une installation composée de 5 vidéos intitulées respectivement " Unplugged 1, 2, 3, 4 et 5". Dans chacune d'elles, il retourne l'emballage de divers objets. Rien, ou presque, ne laisse entrevoir que ces vidéos ont été réalisées dans différents pays. Seules certaines inscriptions publicitaires donnent des indices sur les pays où l'action a eu lieu : Taiwan (Taipei), France (Paris), Egypte (Le Caire), Islande (Reykjavik) et Allemagne (Weimar). Ces gestes répétitifs sont considérés par l'artiste comme un moment de méditation solitaire durant laquelle il enlève tout commentaire aux objets. A Weimar, Eric Hattan a spécialement réalisé une vidéo où il retourne les cinq boîtes en carton qui contenaient les télévisions; ces boîtes, utilisées comme socles de leur contenu habituel, apparaissent aussi comme le résultat d'un processus visible sur l'un des écrans. L'ensemble des vidéos - toutes sonorisées - fait penser à une sorte d'orchestre de chambre intime et ludique.
L'exposition se termine avec les photographies et la vidéo du projet " Pronostic éventuel " réalisé par Koka Ramishvili (1955, vit à Tbilissi). Depuis la dissolution de l'Union soviétique, Tbilissi, capitale de la Géorgie, a vu s'implanter de nombreuses missions diplomatiques. Intéressé par la manière dont les pays se représentent à l'étranger, l'artiste a demandé à toutes les missions diplomatiques présentes à Tbilissi de pouvoir filmer leurs bâtiments, à l'extérieur comme à l'intérieur. Quatre d'entre elles on refusé, huit ont accepté. L'artiste nous convie à une traversée nocturne de sa ville, en passant par les représentations de la France, de l'Angleterre, de l'Allemagne, des USA, de la communauté européenne, de la Chine, de la Pologne, du Vatican, et en butant devant les refus de la Russie, de l'Iran, de l'Arménie et d'Israël. Cette pérégrination urbaine et politique nous fait découvrir de nombreux détails révélateurs de l'image que les diplomaties cherchent à faire passer sur leurs identités culturelles respectives.
"elsewhere 4", la partie de l'exposition "the stockholm connexion" gérée par attitudes, bénéficie du soutien de Pro Helvetia, de la Fondation Stanley Thomas Johnson et de la Fondation Nestlé pour l'Art. |