En
prolongation de sa nouvelle pièce de théâtre Wayn
Wash I: Maria Dolores
- présentée en création au festival de la Bâtie -, Wayn
Traub célèbrera "une messe" à l'espace d'arts contemporains attitudes.
Pour cette performance, les rites de la messe seront utilisés
tant pour la forme que pour le contenu. Le public sera invité
à assister à cette messe en tant que croyant. Wayn Traub tentera
d'atteindre une purification personnelle et commune qui se concrétisera
par l'absorption du vin et la consommation d'une tarte.
Wayn Traub part toujours de l'idée que l'homme - à la recherche
d'un équilibre personnel - a un désir permanent d'une forme d'animalité.
La société hyper rationnelle et matérialiste occidentale a cependant
profondément opprimé l'animal qui sommeille en chacun de nous.
Assez d'art réfléchi, raisonné ou analysé, mais plutôt un acte
créatif qui réveille les sentiments instinctifs de l'homme. Wayn
Traub pense ainsi pouvoir retourner à une forme mystique de l'art,
vers le théâtre comme une forme de rituel de transition. Afin
de réaliser ce rituel, Wayn Traub part de ses propres expériences,
les codes et le langage contemporain, mélangés d'éléments typiques
et inhérents à la civilisation européenne. De ce mixage de tradition
et de progrès, d'ancien et de nouveau, commence sa randonnée vers
une nouvelle raison d'être personnelle.
Le manifeste du théâtre et de l'animalité
1. L'animal est le début et la fin du théâtre de l'animalité.
C'est son origine et sa destinée.
2.
Le théâtre prend forme à partir d'un désir profond, le cri de
l'animal dans chacun de nous (animus). Le créateur transforme
ce désir en action (animer) et si sa représentation réussi, l'animal
à l'intérieur de l'homme est activé (animal). Le théâtre doit
sortir les hommes de leur sommeil d'hiver. Ces trois phases peuvent
y contribuer.
3.
Le théâtre de l'animalité parle - par les codes et les images
de son propre temps - le langage de tous les temps. Le créateur
se sert d'un langage qu'il maîtrise et que le public connaît,
c'est ainsi qu'un message universel peut être transmis.
4.
Le théâtre de l'animalité ne se sert pas de textes, mais d'images.
Son point d'origine n'est un concept existant pour l'étalage d'une
interprétation ou opinion personnelle. Il part d'une conception
personnelle de la vie d'où le théâtre prend forme.
5.
Le théâtre de l'animalité doit aliéner. Les acteurs se transforment
en créatures divines, animales, pour que le public subisse la
même chose. Le théâtre fait voyager les présents vers un autre
monde où ils séjourneront dans la présence ou dans l'unité avec
une vérité inaccessible. Le théâtre c'est la métamorphose, la
libération, le sacrifice de soi-même, c'est mourir afin de pouvoir
recommencer de rien. C'est la mort et la naissance. C'est l'alternative
d'une vie nouvelle, une nouvelle chance.
6.
Le théâtre de l'animalité n'incite pas à la réflexion mais à la
mobilisation. Il ne supporte pas les voyeurs et les intellectuels.
Un équilibre doit être rétabli; l'homme en tant qu'animal penseur,
que danseur poète.
7.
Le théâtre de l'animalité incite à la création. Dans la création
s'abrite le secret de l'acceptation de la vie. La destruction
est le point de départ inévitable de chaque art mais en même temps
elle est à l'origine de chaque nouvelle création. Créer veut dire
se former.
8.
Le théâtre de l'animalité pousse au contact et non à la communication.
Il n'a pas de morale et ne veut convaincre personne. C'est un
sentiment, c'est une émotion.
9.
Le théâtre de l'animalité est une déclaration de guerre, une croisade
individuelle équestre armée de boucliers et d'épées. C'est une
bataille contre toutes les règles et les applaudis-sements, contre
les penseurs et les connaisseurs, les voyeurs et les amis des
animaux. Ce n'est pas un anti-théâtre mais un PRO définitif.
10.
Le théâtre de l'animalité doit pouvoir admettre sa défaite et
accepter que son but soit inaccessible. Le théâtre de l'animalité
essaiera de faire apparaître pendant un moment ce que toute le
monde prend pour mort depuis longtemps. C'est la recherche d'une
vérité plus profonde de la vie, une vérité sacrée qui se cache
dans la mort. Le théâtre de l'animalité cherche à donner un sens
à la vie de chaque individu.