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Marc
Bauer
Archeology
du
10
février au 24 mars 2001
vernissage
le vendredi 9 février dès 18 heures
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L'archéologie
est une opération de la mémoire. Son but est de reconstituer une
vérité historique perdue et de la quelle on ne retrouve que des
traces floues et partielles. Au même moment l'archéologie est une
science, qui donc recherche l'objectivité et la précision, mais
qui doit aussi se permettre de se baser sur des suppositions pas
toujours certifiables, en laissant de ce fait aussi une place à
l'irrationalité. Comme
un archéologue, Marc Bauer reconstitue des moments de son enfance
à partir d'un effort de mémoire, en montrant au public des projections
de ses souvenirs transformées en dessins, en objets et en vidéo.
Mais la tentative du souvenir amène avec soi le contraire de l'intention
philologique originelle de l'archéologie, de sa recherche de précision
incontestable; ses compagnons sont en effet L'oubli, les phantasmes,
les émotions: les souvenirs sont filtrés, manipulés et transformés
par l'écoulement du temps. Les travaux de Marc Bauer constituent
donc un ensemble de projections d'images du passé dans le présent,
où celles-ci deviennent une interprétation visuelle d'une réalité
intérieure, comme vivante, qui n'existe seulement dans la dimension
du souvenir.
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vues
de l'exposition Archeology, 2001
L'effort
de mémoire dans Archeology est aussi scientifique et rigoureux.
Visuellement, cela se traduit dans l'ambiance froide et aseptique,
atmosphère commune au musée et à l'hôpital, qui devrait permettre
autant la préservation que l'interprétation. Ainsi les objets en
plâtres se retrouvent à l'intérieur d'un meuble qui est simultanément
une vitrine et une table de dissection: les objets du souvenir deviennent
des trésors prêtés à être analysés. Paradoxalement, malgré leur
vivacité, le destin qui les attende est lié à une autopsie. Ses
objets, bien que liés à une biographie qui nous est inconnue, ne
restent pas silencieux, car grâce au pouvoir des signes, le mécanisme
du souvenir vient éveiller aussi le spectateur: il est où mon ourson?
Comme était belle la maison des grands-parents et comme était-ce
froid de sentir le stéthoscope du médecin sur la poitrine.
Dans une
cage en inox et caoutchouc, qui renvoie encore une fois à l'univers
hospitalier et au drame des urgences, deux enfants qui semblent
être des clones restent figés dans des situations hautement ritualisées.
Dans la vidéo Archeology:livestock les gestes des deux garçons
qui appartiennent certainement à leur quotidien, ne laisse voir
aucune spontanéité, caractéristique-stéréotype de l'enfance. La
répétition et l'obsession, souligné par l'allure rythmique de la
bande sonore ont effacé tout ce qui nous fait idéaliser le jeune
âge. La rébellion - jouer avec l'eau dans le salon, renverser un
verre de lait - reste, elle aussi, un phantasme: c'est une instance
extérieure au champ de vision et autoritaire qui semble mener l'action,
en frustrant chaque essai de sortir du banal. Ici les actions et
les sensations sont commentées, mais les parole qui accompagnent
les gestes se retrouvent hors du temps: était-ce la pensée de l'époque
ou d'aujourd'hui? Mais surtout, y aurait-il une différence? Il ne
reste que compter jusqu'à cent et espérer que tout disparaisse mais
alors là, tout sera déjà transformé en un souvenir.
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vues
de l'exposition Archeology, 2001
Les
images du passé sont parfois fixées dans des photographies, à partir
desquelles Marc Bauer réalise ses dessins. Mais il existe aussi
des souvenirs qui sont des images suffisamment claires pour devenir
des dessins sans aucun appui extérieur. Ainsi les traits imprécis
de crayon, les tâches et les effacements ne peuvent être que les
traces du processus de la mémoire, qui n'est pas objective, comme
pourrait l'être un dessin technique ou un plan d'architecture, mais
le fruit d'une interprétation du passé. Les personnages se confondent,
leur physionomie se mêle, de même que certaines poses et situations
semblent être restées parfaitement gravées dans l'esprit, comme
sculptées. Parfois, les visages et les corps disparaissent, mais
leur présence reste perceptible. Parfois se sont des paysages entiers
qui se dissolvent, mais leur sensation reste vive: il pleut sur
la mer.
Giovanni Carmine, janvier 2001
Parallèlement
à Archeology, le livre Across the great channel, édité par
Memory/Cage
Editions à Zurich, est présenté à attitudes. Ce livre d'artiste
de Marc Bauer est basé sur une série de dessins réalisée en 1999,
intitulée Swiss room.
Marc
Bauer
- (Suisse, né en 1975, vit à Genève)
expositions
personnelles
2001 Archeology, attitudes, Genève / 2000
Swiss Room, Art-Magazin, Zürich
expositions
collectives
2001 Stiftung Binz 39, Zürich / Swiss Art Awards, Messe,
Basel / 2000 Artlab, Palais de l'Athénée, Genève / Kunstraum
Walcheturm, Zürich / 1999 Kulturzentrum-Seedamm, Pfäffikon
publication
2000 Across
the Great Channel, Memory Cage editions, Zürich
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