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- Familyx
(2001), sculpture/installation en adhésif et mousse expansée
réalisée spécialement pour l'exposition, d'après une photographie
de Walker Evans, tirée de "Let's now praise the great men"
(1936)
Lieu d'exposition
Kunstraum Kreuzlingen
Familyx
,
2001
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Repères biographiques
Expositions
personnelles
1999 "Fuck Tuat Nec Mergitur", expédition navale, 48e Biennale de
Venise / 1998 Galerie Le Triangle-FRAC Aquitaine, Bordeaux / NaDiff
Gallery, Tokyo / Ecole des Beaux Arts, Nîmes / 1997 Galerie Sin
Titulo, Nice
Expositions
collectives
2001 "Bricolages", curateur :attitudes ; Kunstraum Kreuzlingen,
Kunstmuseum des Kantons Thurgau, Ittingen, Shed im Eisenwerk, Frauenfeld
/ 2000 "Transfert", Ville de Bienne / 5e Biennale de Lyon / "Le
fou dédoublé", Moscou, NijiNovgorod, Samara, Ekaterinbourg, Château
d'Oiron / 1999 Centre d'art, Neuchâtel / Public, Paris / "Oh ! Les
beaux jours", Square des Batignolles, Paris / 1998 Casino Luxembourg,
Luxembourg / 1997 Galerie Météo, Paris / Centre d'art, Neuchâtel
Publication
monographique
"Blanckart", textes de Nathalie Quintane, Hervé Legros, Olivier
Blanckart, éd. Confluences, Bordeaux, 2000
À propos
du bricolage
Le bricolage est une activité relative, qui résulte d'un certain
désœuvrement ou d'une certaine démunition. Car le bricolage, fondamentalement,
c'est l'art d'accommoder les restes. Les restes d'objets, de produits,
d'images, évidemment, mais aussi c'est l'art d'accommoder les restes
du travail avec le temps libre ou du moins le temps vacant. Comme
activité le bricolage mime les formes du travail, mais comme résultat
le bricolage est l'inverse même de ce que génère en principe le
travail - le profit, l'échangeable. Car la chose bricolée est essentiellement
à destination locale, pour l'usage particulier et voué à la satisfaction
directe. Evidemment, bricoler un système de récupération des eaux
de pluie pour arroser son jardin en Europe, ou bricoler le toit
d'un abri de fortune qui fuit dans un camp de réfugiés en Afrique
ne sont pas des actes de même portée. Pourtant, dans chaque action
s'exprime la nécessité vitale d'autonomie de l'homo faber malgré
les limites imposées par le contexte : espace insuffisant ou contraint,
moyens manquants, oisiveté imposée (congés, retraite, détention,
déportation).En
inventant les quasi-objets au début des années 90, je m'employais
à remplir le temps qui me restait après les heures de travail salarié
pour réaliser des œuvres à partir de matériaux résiduels de mes
performances en SDF dans la rue : carton d'emballage, papier, scotch
d'emballage. La particularité des quasi-objets est d'osciller tour
à tour entre le dessin (dans le cas des découpages plats) la sculpture
(ex. les animaux) et l'objet à usage réel possible (le bateau, la
selle de cheval, les gants de boxe …). A cette ambivalence d'usage
s'ajoute l'ambivalence de perception de ces objets suivant qu'ils
peuvent être vus dans une vitrine de magasin, un musée ou un lieu
de travail professionnel, car outre que le public les perçoit différemment
à chaque fois, on ne sait pas toujours bien quel statut accorder
à l'activité de celui qui fait ces objets : sculpteur ? décorateur
amateur ? bricoleur ? Ces dernières années l'évolution de mon travail
m'a amené à utiliser comme matière première quelques restes omniprésents
dans la société contemporaine : des images célèbres de la culture
populaire (images de pochette de disque, photos de violence politique)
que je réinterprète en volume par assemblage de matériaux d'emballage.
L'efficacité de ces œuvres est assez bonne, car leur réalité visuelle
entre de plein fouet en collision avec le détournement palpable
que les images d'origine ayant servi de modèle, d'une part, et les
matériaux constitutifs de la sculpture, d'autre part, ont subi pour
aboutir à ce résultat, recoupant en cela ce qui nous fascine généralement
dans l'objet bricolé : son efficacité pratique immédiate apparaît
renforcée par la dérision contradictoire des moyens qui la constituent.
C'est un objet anarchiste.
Olivier Blanckart, 2000
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