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Alexandre Bianchini
Dans l'espace unique du garage de Filiale, Alexandre Bianchini
a disposé plusieurs panneaux de contreplaqué qui, debout et assemblés
à angle droit, constituent un labyrinthe fragile et provisoire.
Des photographies découpées dans des quotidiens sont collées à
même le bois: kiosque à journaux, stripteaseuse, façade de banque,
char de cortège, etc. L'auréole laissée par la colle d'amidon
évoque les affichages sauvages réalisés à la hâte. L'image est
donnée seule, sans légende ni commentaire. Sortie de son contexte,
elle autorise toute sorte de lectures. Si la stripteaseuse est
sans doute extraite d'une annonce classée x, l'image du kiosque
à journaux reste, elle, énigmatique.
Dans leur diversité, leur disparité même, ces photographies possèdent
pourtant un point commun: elle ne sont que façade. Façade - au
sens propre - d'un chantier où l'on décline toute responsabilité
à l'égard de celui qui ne respecterait pas le panneau "entrée
interdite"; devanture de kiosque qui ne laisse voir que les titres
et manchettes des journaux mais ne dévoile rien des contenus;
façade encore - au sens figuré cette fois - du marché du sexe,
par l'exhibition du corps provocant. Avec une extraordinaire économie
de moyens, les oeuvres de Bianchini soulignent donc cette dualité,
cette ambivalence de l'image, qui cache plus qu'elle ne montre,
et qui se déleste de toute responsabilité face à celui qui oserait
s'aventurer "de l'autre côté du miroir".
L'installation s'intitule "Théâtre régional" et s'inscrit dans
la série des "Théâtres de guignol" d'Alexandre Bianchini. Théâtre
précaire qui renvoie à la précarité du réel, où tout serait joué,
truqué, affaire de spectacle. Les structures se font tantôt présentoirs
et montrent les images, tantôt paravents et les cachent.
Dans la cour, Bianchini appose d'autres images de presse sur la
structure existante d'un garage à vélo. Une façon d'élargir le
débat à l'espace public. Après avoir traversé une ville bardée
d'affiches publicitaires, de logos et de panneaux de signalisation,
le visiteur-cycliste est donc confronté à ces petites photos banales,
en noir et blanc. Effet de contraste, certes, mais aussi questionnement,
là encore, de la démesure de notre univers médiatique où l'image
n'a plus rien à dire pour elle-même, où elle est même vidée de
son sens par l'abondance des messages - creux - qu'on lui fait
porter.
Alexandre Bianchini
Né en 1966 à Genève. Vit à Genève.
Expositions personnelles
1991 La Régie, Genève
1992 M/2, Vevey, (avec L.Pittet)
1994 Low Bet, Genève
Filiale (org. attitudes), Bâle, (avec C.Draeger, G.Motti, J.Mützenberg)
1995 Galerie Skopia, Genève
Musée dArt et d'Histoire, Genève .
Expositions collectives
1990 Villa Arson, Nice
1991 Shedhalle, Zurich
Sub-Trans-Alpina, Fort de Bard, Aoste
Chetwynd Stapylton, San Fransico
M/2, Vevey
Galerie Skopia, Nyon
1992 Galerie Bob van Orsouw, Zurich
Kunsthalle, St-Gall
1993 Peintures, Galerie Art & Public, Genève
1994 Galerie Maison des Jeunes, Neuchâtel
In Vivo, In Vitro, Genève
1995 Galerie Skopia, Genève
Christmas-Show, (section In Vitro), Genève
1996 Centre Genevois de Gravure Contemporaine, Genève
1997 Centre Genevois de Gravure Contemporaine, Genève
1998 andere sichten, attitudes, Kunsthaus, Zurich
Galerie Analix, Genève
Voir aussi
single use camera show
multiples
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